Comment bien éclairer un tableau ? par Batistin

Cet article a été publié le par Eric Caminade Batistin.

Catégorie : Peinture

Vous venez d'acquérir un tableau, une œuvre, une peinture !


Vous venez d'acquérir un tableau, une œuvre, une peinture !
Vous vous êtes décidé sur un coup de cœur, ou après mure réflexion,
et avez fait votre choix soit en galerie, soit sur photo par internet.
La valeur marchande, le discours de l'artiste, le thème abordé, la composition,
le sujet, tout ce qui a pu vous décider à l'achat,
vous le retrouvez une fois le tableau accroché sur vos murs.
Tout, sauf peut-être, les couleurs !!
Pourquoi ?

Lors d'une exposition en galerie,
ou lors de la réalisation d'un catalogue photographique,
tout est mis en œuvre pour donner le plus de force possible au tableau,
par l'éclairage .

Pour restituer cette force il faut savoir deux ou trois choses.
Tout d'abord les couleurs .
Il en existe dans notre monde deux sortes.

Les couleurs obtenues par broyage de pigment naturels,
que nous appelons les couleurs de Terre.
Ce sont celles qu'utilisent les peintres, amateurs ou professionnels
pour tacher tous les supports à leur disposition !
Ces couleurs, le rouge, le bleu, le jaune, puis mauve, vert et orange,
si elles sont toutes mélangées entre elles,
donnent une teinte fort peu ragoutante
oscillant entre le marron et le vert caca d'oie.
Et oui, nous ne sommes que de pauvres terriens, et,
tout l'art de peindre tient en cette règle:
mélanger entre elles les couleurs sans les pousser hors de leurs limites,
sous peine de finir les doigts dans la merde !!

Puis, nous connaissons tous les couleurs de l'arc en ciel,
joie éphémère s'offrant au regard après une pluie d'été.
Rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet, couleurs de Ciel,
qui si elles sont à nouveau, le prisme d'une pluie fine disparaissant,
mélangées entre elles donnent: du blanc,
un blanc que nous nommons aussi: la Lumière.

Vous voyez, entre nos pigments qui ne se supportent que peu entre eux
et finissent dans les marrons sales et les splendeurs des lumières célestes,
se trouve la Lumière !

Et donc l'éclairage d'un tableau.
Tout le travail du peintre, sa recherche perpétuelle à l'émotion ressentie
et qu'il tente de retranscrire,
toutes les nuances d'une ambiance lumineuse observée dans la nature,
tout ceci ne peut être rendu qu'à l'abri de la lumière du jour !

Exposer un tableau au dehors,
ou dans une pièce trop emplie de la lumière du jour ne fera que l'affadir.
Les couleurs de Ciel prenant allègrement le pas sur les couleurs en pigments
et les mixant toutes pour les transformer...en blanc !
D'où l'impression de fadeur soudaine bien éloignée du coup de cœur premier.

Le conseil pour éclairer convenablement un tableau serait donc, dans l'absolu,
de l'accrocher dans une pièce sans fenêtre et
d'y faire porter dessus un éclairage électrique.
Sans aller jusqu'à cette extrémité,
ce qui nous priverait du plaisir de voir l’œuvre changeante
aux différentes heures de la journée, selon l'exposition de la pièce,
un mur un peu en retrait est toujours préférable.
Ou dans une zone d'ombre créée par une tenture aux fenêtres, par exemple.
Puis un éclairage électrique dédié exclusivement au tableau
finira de vous redonner l'impression première !

Pour le plaisir d'aller un peu plus loin
dans l'observation de la force de la Lumière du jour,
sachez aussi que le pigment de Terre rouge est le premier à disparaître,
suite à une longue exposition au Ciel.
Pour preuve, observez les enseignes des boutiques dans votre ville,
toutes les inscriptions en rouge s'affadissent bien avant les autres.
Cela viendrait de la puissance des ultras violets émis par le soleil...

En attendant, donnez force et courage aux peintres que vous aimez,
en les laissant vous offrir,
à la lumière électrique dans le confort de vos maisons,
quelque voyage au dehors dans une nature peut-être enfin imitée !

Au plaisir de vous croiser en pleine lumière à une exposition
ou dans un chemin en clair obscur.

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